CONSEIL REGIONAL DU 19 DECEMBRE 2008
SRADDT = SHEMA D’AMENAGEMENT DURABLE ET DE DEVELOPPEMENT DU TERRITOIRE
Créé par Monsieur Pasqua en 1995, repris par Madame Voynet en 1999, le SRADDT commence à émerger aux alentours de 2002 dans certaines régions puis en avril 2006 en Languedoc-Roussillon. Décidemment, comme pour les pays, ce sont les régions de gauche qui réactivent les projets de Monsieur Pasqua tombés dans l’oubli !
A la première réunion d’élus je me souviens avoir fait une remarque sur vos ambitions d’orienter la région -certes c’est votre rôle - mais aussi de vous occuper du pays, de l’Europe, voire du monde ! Vous avez depuis baissé pavillon et vous vous êtes contenté de survoler la région ce
qui est la vocation première du SRADDT. Chacun des intervenants avaient souligné la difficulté de concilier les intérêts de tous. Vous savez qu’au nom de la démocratie, une certaine minorité dite « agissante » sait perturber sans vergogne les décisions qui ne lui conviennent pas.
A la lecture de vos différents fascicules traitant des ateliers citoyens et des hypothèses stratégiques, il semble difficile d’atteindre l’exhaustivité sur un territoire aussi vaste et hétérogène que celui d’une région. La diversité des paysages qui font le charme d’une région rend les solutions plus délicates et plus complexes.
Si ce document est bien conçu, cela n’est quand même qu’un inventaire et un diagnostic des difficultés d’une cohérence territoriale. D’autres études largement répandues ont déjà exprimé le même constat.
Vous avez, en fait, depuis un an et demi, consulté, discuté, avec la population et les spécialistes de tout poil, à grands renforts de publicité, pour aboutir à un constat évident pour tout le monde depuis longtemps : il faut tenir compte de tant de paramètres , et qui surgissent en permanence, pour une cohérence pertinente d’aménagement du territoire, que la seule solution c’est d’adapter les problèmes au fur et à mesure qu’ils apparaissent, en tout cas pas à trop long terme. D’autant que ces schémas sectoriels existent déjà et ont fait l’objet d’un travail de diagnostic important, pourquoi les abandonner et ne plus en tenir compte? Les difficultés sont constantes et étudiés à tous les niveaux des décideurs territoriaux. D’ailleurs vous en avez conscience puisque presque à chaque page vous émettez des doutes et vous vous interrogez sur le futur. Nous avons pourtant aujourd’hui assez de garde-fous pour éviter les vielles erreurs du passé, entre autre les constructions anarchiques et inesthétiques.
Vous avez voulu intégrer les citoyens dans les recherches de solutions et perspectives pour l’avenir, mais vous pouvez constater en lisant leurs conclusions que l’intérêt n’est pas toujours collectif.
Quand on sait que ces schémas sont renouvelables tous les cinq ans. Vous n’avez pas fini de vous torturer.
Ceci étant dit vous n’avez aucune solution. Beaucoup de controverses pervertissent les débats.
Comment intégrer les problèmes urbains de Montpellier et ceux de la Lozère ?
Comment maîtriser l’apport démographique. L’idéal étant d’obtenir un équilibre entre immigration résiduelle ou temporaire. L’impact ne sera pas le même si la région reçoit des actifs pour assurer son développement économique ou des Rmistes qui souffrent moins au soleil mais entraînent des dépenses sociales. Qui peut l’imaginer ?
Comment conjuguer protection de la nature et urbanisation.
Comment préserver le patrimoine naturel. Par exemple protéger les causses en Lozère et développer en même temps un tourisme de masse. Attirer le touriste sans dégrader la diversité écologique exceptionnelle du littoral.
Comment concilier enjeu économique, développement social et protection durable du territoire ?
Comment implanter des éoliennes sans gêner la nidification des oiseaux ? et comme je vous le rappelais au dernier Conseil régional, comment fabriquer des panneaux photovoltaïques sans émettre du
trifluorure d’azote de plus occupant des hectares de terre qui seraient plus attractifs avec des tournesols ou des coquelicots. ?
En fait vous supputez des solutions à travers de jolies phrases exemple : « dépasser la préservation par la seule protection réglementaire » - « soutenir l’économie de la connaissance » qu’est-ce à dire ?
Ne croyez surtout pas que nous sommes contre un aménagement du territoire harmonieux pour la préservation des sites, du patrimoine naturel et du bien-être du citoyen. Mais vos études successives, nombreuses et redondantes coûtent énormément alors que nous devrions faire des économies. Le pragmatisme n’est pas souvent à l’ordre du jour.
C’est ambitieux mais parfaitement utopique.
Il y a un an, personne ne prévoyait la crise qui s’abat sur nous aujourd’hui, vous, vous voulez organiser un plan à l’horizon 2030 ! Je vous souhaite bon courage !