REFORMES ET LETTRES DE CACHET
Sarkozy accumule les bourdes. La plus spectaculaire me paraît être celle qui vient de jeter des centaines de milliers de personnes dans les rues. Toutes professions confondues et à quelque milieu qu’ils appartiennent, marchant d’un rare même pas derrière bannières et syndicats, le Français ont montré à Sarkozy qu’ils en avaient assez de ses méthodes qui, de plus en plus, les conduisent à vivre sous le régime de l’ukase et du fait du prince.
Voilà un président qui tient entre ses mains tous les organes du pouvoir, qui, d’un froncement de sourcils, anesthésie l’éventuelle bonne conscience des courtisans dont il est entouré ou qu’il a placés à des positions stratégiques. Affamé de réformes, il pourrait les préparer en rencontrant ceux qu’elles toucheront. Pas du tout ! Ce monsieur, avec un souverain mépris des Français, engage des procédures, met en place des tas de projets sans en évaluer la portée et, quand il a transformé la France en une immense foire d’empoigne où chacun à quelque chose à revendiquer, déclare qu’il recevra ceux qu’il a ignorés jusqu’à présent pour discuter des réformes avec eux. Belle aubaine pour les syndicats auxquels il vient de donner l’occasion d’une union dont ils sont généralement plutôt avare.
L’Etat c’est moi – disait Louis XIV. Sarkozy ne le dit pas mais il met la formule en pratique. Drapé dans la certitude du bon droit qu’il s’approprie et intimement persuadé que seul il détient la vérité et la clef de résolution de tous les problèmes, il a remis en vigueur les lettres de cachet. Un préfet et un commissaire n’ayant pas su empêcher à St Lô des manifestations hostiles à sa royale personne, il les « débarque » sans autre forme de procès et ils rejoindront dans quelque Bastille le malheureux flic corse qui avait laissé piétiner la pelouse de son ami Clavier.
Mais, bon sang, j’oubliais ! Le petit Sarko a eu un bon maître, roi des entourloupes et gros Raminagrobis fourbe et chafouin et celui-ci avait une devise : » Tout pour les amis, la justice pour les autres ! »