LE PATRIMOINE DES FRANCHOUILLARDS
J’ai mis longtemps à me remettre de la rage dans laquelle m’ont plongé les déclarations d’un quarteron de maîtres à penser en tête duquel s’agitait l’inévitable BHL. A entendre ces Trissotin, le concept de Nation est périmé ; il est inutile de cultiver la langue française, allons droit au but et adoptons l’anglais ; nous ne devons pas rester accrochés à notre patrimoine franchouillard comme le biniou, le camembert, le béret ...; à quoi bon les frontières ? etc, etc ...
J’ai écrit en vain au penseur en chef pour lui dire que, si trop de travers proprement nationaux l’insupportaient il lui était toujours loisible d’aller porter ses élucubrations sous d’autres cieux. Lui dire aussi que, localisant mes ancêtres depuis six siècles, je les ai toujours connus attachés à ces franchouillardises qui inspirent le dédain des Bo-Bo de la clique à BHL Je suis l’héritier de ces Français venus du lointain des âges et leurs us et coutumes sont partie intégrante du patrimoine qu’ils m’ont laissé.
Et puis est sorti le film « Bienvenue chez les Cht’is » . L’exact contre-pied des thèses politiquement correctes des apôtres de la dénationalisation à tout prix. Dans ce film jubilatoire, le Chn’ord - réputé triste et ses habitants glaciaux - est un pays de joyeux drilles qui ne dépareraient pas sur un tableau de Brueghel. Les gens du Sud sont montrés porteurs de tous les clichés des oeuvres de Pagnol. Mais tous sont de braves types, bien représentatifs du Français moyen qui, râleur, braillard, franc-buveur et hâbleur se retrouve à toutes les étapes de la ligne historique qui nous relie aux Gaulois.
Alors, tant qu’on sera bienvenu chez les Cht’is, on sera toujours dans la vraie France.
Et quand les « peines à jouir » et autres rabat-joie daigneront scruter les profondeurs de notre âme de bons Français, ils y mendieront peut-être une place que nous leur accorderons charitablement sans trop chercher à établir par quel patrimoine ils veulent remplacer le nôtre.