ARCHE DE ZOÉ ET OTAGES
Tout droit sortis d’une BD sur les Pieds-Nickelés les héros de l’expédition avortée du Darfour viennent de retrouver la liberté. Il s’avère donc que l’on peut, sans prendre trop de risques, se rendre dans un pays indépendant et y enlever des enfants. On peut même, sous le regard des caméras, transformer les gamins en petits malades plus vrais que nature : les couvrir de pansements, leur placer de fausses perfusions et, lorsque la supercherie est dévoilée, jouer les vertueux outragés. Heureusement, au prix de quelques millions d’euros confisqués aux contribuables, la France va bien vite réparer la honteuse ingratitude du gouvernement Tchadien et rendre leur honneur à ces fils de Candide.
Une autre affaire est en train d’arracher des torrents de larmes à Margot : c’est le sort de Mme Betancourt. Cette double nationale plus sénatrice colombienne que citoyenne française, dont on était sans nouvelles depuis 5 ou 6 ans, fait à présent l’objet de plusieurs bulletins de santé journaliers. Quel scandale politique ou quelle amère pilule veut-on nous cacher en focalisant l’attention des foules sur le drame de cette pauvre femme ? En tout cas, on sent que des ailes poussent à Sarkozy, il brûle d’aller prendre livraison de l’otage au point d’avoir trouvé une formule inédite. : « Tu me rends Ingrid et je te prends en pension les terroristes des FARC : asile politique, logements sociaux et pensions diverses...bref ! tout ce qui encombre le porte-monnaie de nos smicards.
Avec tout ce tapage autour de la politicienne colombienne, on a oublié le brave caporal Chalit, franco-israélien détenu par le Hezbollah, lequel ne nous a pas demandé comment il devait considérer son prisonnier : soldat israélien ou mercenaire français combattant sous uniforme étranger ? Curieusement, on n’a pas entendu dire que la libération du caporal pourrait se monnayer. Sinon, contribuables français, à vos poches !