MENSONGES ET OMISSIONS
En même temps que se développaient les techniques de communication et qu’augmentaient les possibilités d’être informés, les idéologues et les dirigeants de la plupart des grands partis politiques, s’appuyant sur des médias complaisants, nous inondaient de mensonges et d’informations tronquées ou « bidouillées » dans le sens de leurs convictions. Et comme, dans le même temps, s’oubliait chez nombre d’enseignants la nécessaire neutralité qu’un minimum de respect de la déontologie exige lorsqu’on présente des faits historiques à des étudiants, plusieurs générations de Français ont été littéralement sevrés de vérité sur des évènements contemporains.
De mémoire et de façon non exhaustive j’indique ci-après quelques flagrants mensonges et autres grosses omissions, parmi celles qui me soulèvent encore d’indignation :
1939 . Invasion de la Pologne : La France déclare la guerre à l’Allemagne qui envahit la Pologne par l’Ouest. Elle omet d’en faire autant avec l’URSS qui, au titre du pacte germano-soviétique, l’envahit par l’Est. et, au passage, occupe les Etats Baltes. Le gouvernement français craignait-il que déclarer la guerre aux Soviets provoquerait de graves troubles fomentés par le Parti Communiste ?
1940 . Forêt de Katyn : 4500 officiers polonais y sont assassinés d’une balle dans la nuque. D’abord imputée à la Wehrmacht par le Tribunal de Nüremberg, la responsabilité de ce massacre est transférée à l’Armée Rouge quand, à l’initiative de Gorbachev, l’URSS ouvre ses archives aux historiens. Il semble que, malgré la découverte de la vérité, il ne soit pas question de réviser ce point particulier . Sans doute cela vient-il de ce que les Nazis n’ont pas été à un Katyn près. A moins que, dans le climat des années 1945-1946, les Occidentaux n’aient pas osé provoquer l’ours soviétique...
Janvier 1945, insurrection de Varsovie : sur ordre de l’Etat-Major soviétique dont les troupes approchent de la capitale polonaise, les patriotes se soulèvent contre l’occupant allemand. En vue de Varsovie, l’Armée Rouge arrête son avance laissant à la Wehrmacht le temps d’anéantir la résistance polonaise. Celle-ci ayant été anéantie, les Soviétiques reprenne leur progression et, s’étant emparé de Varsovie, y mettent en place un gouvernement polonais à leurs ordres pour une occupation soviétique qui va durer près d’un demi-siècle.
Il convient de noter que, pendant que des patriotes polonais avaient organisé la résistance aux Allemands sur le territoire national, d’autres, qui avaient pu rejoindre l’Angleterre dès la fin de 1939 combattirent glorieusement aux côtés des Occidentaux. Ils étaient commandés par le général Anders. A l’initiative des Russes, lui et ses soldats furent condamnés à ne pas revenir dans leur patrie sous peine d’être expédiés au goulag. Ayant servi dans les rangs alliés, ces patriotes étaient en quelque sorte « pollués » et idéologiquement irrécupérables.
1991 . Les Etats Baltes retrouvent leur indépendance : envahis par l’Armée Rouge en 1939, les Etats Baltes (Lituanie, Estonie et Lettonie) furent libérés par la Wehrmacht lors de son offensive vers l’Est de 1941 et lui fournirent des troupes. Lors de la retraite allemande, les Russes réoccupèrent et annexèrent ces trois petits pays dans lesquels ils exercèrent une dure politique de soviétisation, confinant parfois à l’épuration ethnique. En particulier, on considère qu’ils envoyèrent environ 400.000 Baltes dans les camps du goulag sous l’accusation de haute trahison. Ce n’est qu’en 1991 que, le rideau de fer étant définitivement abattu, les Baltes recouvrèrent leur indépendance, après quelques convulsions dues au fait que les Russes abandonnaient leur proie de mauvais coeur . C’est le jour où les chars firent feu à Riga que choisit Giscard d’Estaing pour aller s’incliner sur la tombe de Lénine à Moscou...
Enfin libres, les Baltes se hâtèrent de prononcer l’amnistie de ceux des leurs que l’URSS avait envoyés au goulag. Parmi ces déportés, mêlés aux prisonniers politiques, se trouvaient des Baltes qui avaient combattu dans les rangs allemands, y compris des SS lituaniens qui avaient été gardiens d’un camp de concentration situé à Riga.. Vitotas Lansbergis, le 1er président de la Lituanie libre, fut durement interpellé par Israël pour avoir étendu l’amnistie à ces gardiens de camp. Il remit les choses en place en déclarant que, gardiens et détenus étant des citoyens lituaniens, l’affaire relevait de la Lituanie et non pas d’un Etat qui n’existait pas au moment des faits.
Business is business : nos médias ne l’ont pas souligné mais, pendant la guerre Iran -Irak, les premiers étaient équipés d’armement américains et les seconds d’armement français. L’aviation, en particulier. Or, au beau milieu du conflit, les ayatollahs iraniens prirent plus de cent américains, presque tous diplomates, en otage. L’oncle SAM allait-il cesser de faire des affaires ? Que nenni ! Le matériel fut fourni à Israël qui le remit à l’Iran... pays où les religieux juraient la perte de l’Etat hébreux tous les matins en se rasant.
1945 . Les îles Kouriles : Refusant d’entrer en guerre contre le Japon aux côtés des Américains, les Russes sont restés l’arme au pied jusqu’à ce que, la bombe nucléaire ayant entraîné la mis hors de combat de l’armée nippone, l’URSS déclare la guerre au Japon et s’empare des îles Kouriles du Sud qu’elles n’a jamais restituées.
1944 . Le débarquement en Normandie : l’Etat-Major allié était réticent sur le point de savoir si les Forces Françaises Libres du Général De Gaulle seraient associées aux opérations du débarquement. En définitive, si l’aviation et la marine y participèrent activement, seuls les 170 hommes du commando de marine Kieffer posèrent le pied sur les plages le 6 Juin 1944. La 2ème DB, laissée l’arme au pied en Angleterre, ne traversa la Manche qu’à partir du 1er Août.. Quand au Général De Gaulle, il quitta le sol anglais le 14 Juin et s’établit le jour-même à Bayeux, ville libérée depuis le 8 Juin. Occupé à réorganiser l’administration de la France, il ne prit aucune part aux opérations militaires. Ce qui n’empêcha pas le RPR de commémorer je ne sais plus quel anniversaire du débarquement en vendant des bouteilles de vin sur l’étiquette desquelles on voyait De Gaulle en manteau de cuir, dans une attitude martiale, observe à la jumelle le terrain des opérations sur fond de bateaux et d’avions.