Si les vétérans gaulois de la VIème Légion « Victrix » revenaient sur les terres qui leur furent attribuées en récompense de leur glorieuse campagne en Egypte, reconnaîtraient-ils la cité qu’ils édifièrent autour de la fontaine mystérieuse où se terrait le dieu Nemausus ?
Si l’Empereur Antonin, fils d’une patricienne nîmoise, revenait sur le forum d’où les citoyens romains gouvernaient la riche cité couverte de monuments, irriguée par un flot permanent transporté par un aqueduc gigantesque et où s’exerçaient en toute sérénité une justice et des lois inspirées dans le même temps du droit romain, du droit latin et du droit coutumier. reconnaîtrait-il ce modèle de république dans laquelle une population cosmopolite se définissait d’abord comme membre du Senatus Populusque Romanus ?
Je me faisais ces réflexions en arpentant la voie Prétorienne et le Cardo qui traversaient Nîmes pour rejoindre la voie Domitienne à destination de l’Espagne. Pour l’heure, je me trouvais dans la rue de la République, principale pénétrante pour qui vient de Montpellier et je n’eus aucune peine à mesurer la décadence dans laquelle était tombée la jadis si belle ville de Nîmes. Madrid française pour les amateurs de corrida, Rome française pour les amoureux d’antiquités, elle prenait aujourd’hui dans nombre de ses artères des allures de Naples française. En particulier dans cette rue de la République aux façades crasseuses où j’eus la curiosité de compter 102 petits magasins de proximité, dont une cinquantaine étaient fermés sur des vitrines empoussiérées, pendant que s’était développé chez les autres un commerce actif de marchands de kebabs, de pizzas, de viande hallal, de plats asiatiques…
Dès le lendemain une petite équipe du FN 30 allait enquêter
chez les commerçants en leur donnant le tract qui dénonce la mise à mort de la petite distribution. Le constat que firent les frontistes fait l’objet de l’article qui précède.
Encore que l’environnement diurne laissa paraître à l’évidence ce qu’il devait en être la nuit, je choisissais d’interroger les commerçants sur les questions de sécurité. J’eus droit à tout
l’éventail des actes délictueux qui font la joie des habitants de la Seine-St Denis . Dès la nuit faite : violences, vols, ordures
déversées devant les magasins gaulois, pipi-caca dans les entrées d’immeubles, la drogue en circulation libre et, toute la nuit, le vacarme, les cris, les auto-radios à fond…
Quant aux riverains qui auraient le front de se plaindre et de promettre d’ alerter la police, la mode est de
les menacer d’égorgement, geste à l’appui.
PS : Je ne sache pas que Midi Libre ait jamais enquêté la nuit dans la rue de la République : Plaudite cives !
Lucien RUTY