Belle journée, c’est le printemps, tiède et ensoleillé. Avec Françoise, perchée sur ses talons et Jean-Pierre, calme et serein, nous décidons de distribuer les
tracts et visiter les « petits commerces » .
Rue de la République, longue, triste mais très commerçante… enfin, il y a deux ans encore. 102 magasins, plutôt 102 vitrines, car une trentaine sont fermées, empoussiérées, donnant un air misérable à cette ville chargée d’histoire et de grandeur. Depuis s’est abattue la première crise, celle provoquée par les grandes surfaces plus occupées à faire de la finance que de la vente de produits divers, puis la crise actuelle, plus sournoise mais bien réelle. Les commerçants, malheureux oisifs, attendent le client et nous font un accueil chaleureux persuadés de vendre enfin une babiole pour dérouiller le tiroir caisse obstinément clos depuis le début de l’après-midi.
Nous n’avons à leur proposer qu’un tract leur expliquant les raisons de leur désœuvrement. Un peu coincé au début de l’entretien, les commerçants se défoulent progressivement et nous avouent gagner 10 euros par jour, que leur banque ferme le robinet et supprime le découvert, en quelques mots tremblants ils se demandent ce qu’il deviendront n’ayant - bien sur - pas le droit au chômage ni aux divers avantages dont les étrangers, eux, bénéficient. Peu à peu, ils en arrivent aux confidences et il se plaignent du bruit tardif et des incivilités dont ils sont victimes régulièrement : vol à l’étalage avec insultes, dépôt volontaire de bouteilles, cannettes et papiers ostensiblement jetés devant leur magasin et tout cela avec menaces de leur trancher la gorge (geste à l’appui) dans le cas d’une plainte à la police. Peur des représailles, les commerçants se taisent et rasent les murs. (cela ne vous rappelle rien ?) Comme dirait Jean-Marie LE PEN, il y en a marre !!. Oui ils en ont marre et craignent pour les jours avenirs qui s’annoncent très sombres.
Certes, nous avons eu un bon
accueil mais s’en souviendront-ils au mois de juin au moment de mettre leur bulletin de vote ?
Il y en a une trentaine comme ça !
Evelyne
RUTY